« Tout l’intérêt de la croissance est de la vivre sans la subir ! »
Les secrets de Loly est la gamme de produits naturels dédiés à la diversité capillaire.
En 2009, Kelly Massol a lancé sa marque de cosmétique pour les cheveux texturés dans sa cuisine de manière totalement autodidacte. Partie de rien, elle a fait grandir son entreprise petit à petit, la finançant elle-même jusqu’en 2022. Avec 565 % de croissance sur les 3 dernières années, Les Secrets de Loly est une véritable success story qui fait de Kelly une mentore de choix pour la troisième édition du programme She’s Mercedes. Elle accompagne cette saison Coline Sinquin, fondatrice d’OMEDOM, et Marion Lebeau et Laura Falque, fondatrices d’OSCO. Rencontre après leur première séance de mentoring...
Mentoring
Entretien
« Je suis Kelly Massol, la fondatrice de la marque Les secrets de Loly. C'est une marque qui est née en 2009 dans ma cuisine où j'ai appris par moi-même la formulation cosmétique pour un type de cheveux non-raides. L’entretien au naturel des cheveux crépus, bouclés, frisés, ondulés est notre spécialité ! Au départ, je me suis lancée en auto-entreprise puis on a grandi petit à petit, passant d’une production à la main à une industrialisation complète. Celle-ci a permis notre premier scale en 2019 avec un chiffre d'affaires de 1,8 million d'euros. En 2020, on a fait 5,5 millions et, en 2021, on a clôturé à 17 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 17 employés et 17 références vendues dans plus de 4 000 points de vente dans toute la France. »
« Afin de nous développer à l'international, on a fait entrer l’année dernière un fonds franco-américain avec des parts minoritaires. En ce début d'année, on a un beau lancement en Belgique et on s’attaque à la Pologne. Les Secrets de Loly est également présente en Espagne, un peu en Italie et beaucoup en Allemagne. Et on a signé avec le groupe Chalhoub pour huit pays des Émirats arabes unis. Aujourd’hui, mon but est d'accompagner les équipes vers cette nouvelle croissance. Tout l’intérêt est de la vivre, sans la subir ! Dans les prochaines années, nous allons doubler, voire tripler l'équipe et le chiffre d'affaires donc ce sont des problématiques de structuration qu'il faut anticiper car, qui dit nouveau pays dit réglementations, accroissement de l'équipe, communication, … sans oublier le nerf de la guerre, la recherche et l'innovation, pour toujours proposer de bons produits. »
« Selon moi, l'entrepreneuriat féminin est un moyen d'épanouissement aujourd'hui. Même si la vie d'entrepreneure peut être semée d'embûches, je pense qu'il est toujours plus facile d'être entrepreneur que d'être une femme. C'est aussi le moyen de prendre le pouvoir sur sa vie, sur sa carrière. Il y a beaucoup de personnes qui, comme moi, mettent du temps à décoller. Il faut aider ces pépites à se développer parce que, parfois, ça tient juste à un conseil ou à une recommandation. La transmission de l'expérience peut vraiment débloquer certaines entrepreneures. Je trouve qu'on n'est pas assez éduquées au monde de la finance alors que les femmes peuvent être d'excellentes gestionnaires de budget. Les femmes ont pas mal de prédispositions en entrepreneuriat. Gérer une entreprise, c’est un peu comme gérer une famille. Il y a ses hauts et ses bas, son noyau dur et les électrons qui gravitent autour. »
« Pour moi, c'était surtout un moment d'échange. Chaque entreprise est différente, donc je n’ai pas une méthodologie établie en tant que mentore. Moi, j'aime les choses très concrètes. Savoir quel est votre besoin et quelle est votre problématique aujourd'hui. Aider en faisant un brainstorming autour d'une problématique, en prenant de la hauteur et en essayant que la personne que j’accompagne regarde le prisme sous un angle différent. Bien souvent, elles se confortent dans une idée qu'elles avaient pressenties et, en changeant le prisme, elles trouvent elles-mêmes leur solution ou je les amène vers la solution qui pourrait les concerner. Bien entendu, en une matinée, on ne peut pas résoudre tous les problèmes, mais le but est de leur donner des axes de travail ou des idées supplémentaires, surtout sur les sujets de croissance. »
« La base de la discussion de ce matin était sur la notoriété et la maîtrise des réseaux sociaux d'une part et sur les besoins en financement et les besoins en fonds de roulement de l'autre. On est sur des cas très clairement early stage. Il faut quantifier le besoin et la demande. En général, tout le monde dit que le problème, c'est l'argent… Mais, moi, j'estime que ce n'est pas parce qu'une entreprise manque d’argent qu’elle ne peut pas avancer. Une entreprise peut fonctionner en autofinancement comme la mienne pendant 13 ans. Le tout est surtout de savoir vendre son produit et le mettre en avant. Comment ? En créant l'offre commerciale qui est adaptée et permet de marger correctement et en créant et maîtrisant sa communauté. Il est donc très important d’avoir une bonne connaissance de sa cible client. En tant que mentore, je pose souvent la question ‘Ton client, il est comment ?’. Quand on me le décrit, je me demande si c'est l’idée que la personne s’en fait ou si elle est en train de regarder ses statistiques pour me dire qui il est vraiment ? Bien souvent, on se fait une idée du client qui n'est pas forcément la réalité. »
Profitez, vous aussi, des conseils des mentores de cette édition issus des ateliers thématiques :
« Pour commencer, je demande toujours ce que les gens attendent de moi. Parce que ça ne sert à rien de leur parler d'hyper croissance si ce n'est pas ce qu'elles veulent. Je m'attarde sur le financement de cette croissance afin de pouvoir identifier quels sont les leviers permettant la croissance et les incidences d’une hyper croissance rapide. Les lauréates du programme She’s Mercedes sont au début de leur projet, j’attire plutôt leur attention sur les points importants pour préparer la croissance. Il faut apprendre à gérer les futurs scales de son entreprise. Il faut anticiper son stock et son équipe. Par exemple, si tu arrives à signer un gros client mais qu’ensuite, derrière, tu n'as personne pour s'en occuper, ce client va te prendre toute ta croissance, tout ton temps. Tu vas devenir salariée pour lui. La croissance, il ne faut pas la subir, il faut aller la chercher et réussir à surfer dessus. Il faut la maîtriser. Mieux vaut faire plus 100 % que plus 200 % si c'est pour que le bateau s'échoue. »
- La croissance se prépare ! Vous devez apprendre à gérer les futurs scales* de votre entreprise. Pour y arriver, il faut anticiper votre stock et votre équipe.
- Ne mettez jamais tous vos œufs dans le même panier afin de ne pas devenir dépendante de vos clients.
- Pour chaque gros client, soyez capable de fractionner en plusieurs petits clients.
- Définissez bien comment vous souhaitez vous développer : niche, France entière, Monde.
- N’acceptez pas un client que vous ne pouvez pas absorber à l’instant T, prévoyez une date de lancement quand c’est possible.
- La gestion du stock est le nerf de la guerre : ayez toujours 1 an de stock + 30 %.
- Négociez avec vos sous-traitants et fournisseurs : ne donnez pas de parts, négociez une avance et un délai de paiement à 90 jours.
- Posez-vous la question de savoir où vous souhaitez trouver vos produits et mettez des étapes en place en vue d’accélérer votre croissance.
- Embauchez quelqu’un d’expérimenté pour gérer votre scale.
*Changement d’échelle d’une entreprise, grâce à une stratégie d’accélération de croissance.
Crédit photo : Virginie Garnier.
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